Maxime Grenot, docteur en neurosciences, a soutenu sa thèse après avoir reçu en 2023 une bourse de la SFRMS pour sa quatrième année. Ce doctorat a été réalisé dans le laboratoire SLEEP (CRNL), sous la direction de Christelle Peyron. Le soutien financier de la SFRMS a permis à Maxime Grenot de prolonger son travail de recherche et d’approfondir l’investigation de projets complexes. Il présente ici son expérience doctorale, les défis rencontrés, et les perspectives de ses travaux sur les modèles animaux de narcolepsie.
Une quatrième année cruciale
La fin d’une thèse est souvent une période de forte activité. Maxime Grenot a décrit cette phase comme intense. Il a noté, comme de nombreux doctorants, la difficulté à mettre fin au travail de recherche et la volonté de maximiser les expériences pour obtenir les résultats les plus exhaustifs possibles. L’idée d’un travail qui ne se termine jamais, car de nouvelles questions émergent constamment, représente un aspect à gérer en fin de parcours.
La bourse de la SFRMS a permis à Maxime Grenot de poursuivre son doctorat pour une quatrième année. Ce temps additionnel a permis de notamment optimiser la rédaction de l’article principal de sa thèse, d’améliorer la qualité du manuscrit, et de mener à terme une investigation liée à un projet initial qui a rencontré des difficultés.
Projet initial, l’étude du pons dorsal chez la souris narcoleptique
Le projet initial, financé par la SFRMS, a visé à enregistrer l’activité électrophysiologique de neurones spécifiques dans la région du pons dorsal. Cette zone cérébrale contient en effet des populations neuronales intéressantes pour les sciences du sommeil car elles sont modulées par les états de vigilance. Ces neurones sont ainsi potentiellement impliqués dans la cataplexie, ce symptôme majeur de la narcolepsie caractérisé par une perte brusque du tonus musculaire lors d’une émotion forte.
La technique d’enregistrement souhaitée nécessitait l’implantation d’un dispositif d’électrodes directement dans le cerveau de souris narcoleptiques. L’objectif était en effet de mesurer le taux de décharge des neurones du pons pendant l’éveil et les crises de cataplexie pour tenter de mieux caractériser ces populations neuronales.
Malgré l’optimisation de la procédure chirurgicale, une difficulté est apparue : une mortalité post-opératoire systématique chez les souris implantées. Les souris narcoleptiques ont présenté une détérioration progressive de l’état général avec un comportement de non-survie et une cessation de l’alimentation, après une phase initiale de réveil et d’activité normale.
Des investigations menées en parallèle avec des souris wild type (WT, sans pathologie) et d’autres chirurgies complexes ont conduit à la conclusion que le génotype narcoleptique utilisé, caractérisé par le manque d’orexine, rendait les animaux intolérants à ce type d’opération avec anesthésie. En conséquence, le projet n’a pas permis d’obtenir des enregistrements de la région du pons, en l’absence d’un modèle animal viable pour cette procédure.
Bien que ce travail ait mobilisé une part importante de l’énergie et du temps de thèse de Maxime Grenot, ces résultats négatifs n’ont pas été publiés. Le jeune chercheur souligne néanmoins l’intérêt de ce type d’observation : l’enquête pour comprendre l’échec a soulevé par exemple des questions sur le rôle de l’orexine dans la récupération post-chirurgicale et la motivation.
Au-delà du résultat technique, la résolution de ces obstacles a constitué un pilier formateur du parcours doctoral : elle a exigé le déploiement d’une stratégie scientifique rigoureuse pour isoler les variables de l’échec, le développement d’un esprit critique face aux protocoles établis, et une persévérance essentielle face aux aléas expérimentaux. Ce sont autant de compétences clés qui forgent la résilience et l’expertise d’un chercheur.
Perspectives professionnelles et scientifiques
En parallèle de ces travaux, Maxime Grenot a publié un article en premier auteur dans la revue Sleep. Ce projet principal de sa thèse a porté sur l’analyse de l’atonie musculaire chez la souris narcoleptique et un modèle de Trouble du Comportement en Sommeil Paradoxal (RBD). Les projets explorés durant sa thèse sont assurés d’avoir une suite dans le laboratoire et aboutiront très certainement à des articles scientifiques.
Actuellement, Maxime Grenot est en phase de transition après sa soutenance de thèse, en décembre 2024. Il souhaite poursuivre sa carrière dans la recherche, potentiellement dans le domaine du sommeil. Il envisage une mobilité internationale si un projet pertinent se présente.
Maxime Grenot a présenté ainsi le parcours d’un jeune chercheur qui, avec le soutien d’une bourse, a converti un défi technique en opportunité d’innover et de faire progresser la recherche sur les modèles animaux, tout en contribuant à l’amélioration des pratiques en matière de bien-être animal.