Et si la lumière bleue stimulait notre activité cérébrale ?

 Le Dr Claude Gronfier, département de Chronobiologie Inserm 846 – Bron (Lyon),  introduit les travaux du Dr Gilles Vandewalle, Centre de Recherches du Cyclotron de l’Université de Liège (Belgique). Le Dr Vandewalle interviendra au Congrès du Sommeil® le 20 novembre 2014 au cours de la plénière « Effet de la lumière sur les fonctions cognitives non-visuelles »

 Tout comme l’oreille, l’œil a une fonction double. Il permet de voir, mais transmet aussi l’information lumineuse pour réguler diverses fonctions dites « non-visuelles ». La lumière est ainsi le principal synchronisateur de l’horloge circadienne, mais elle constitue également un « signal éveillant » qui augmente la vigilance, affecte le sommeil et régule les performances cognitives à de multiples tâches. Ces effets de la lumière, dits non-visuels, car ils n’impliquent pas la vision, sont mis en place via la rétine. Ils impliquent très probablement un système de photoréception découvert il y a moins de 15 ans, qui est plus sensible au bleu et qui se base sur un photopigment appelé « mélanopsine».

 Dans une série d’étude d’imagerie cérébrale (IRMf), l’équipe du Dr Vandewalle a étudié l’impact stimulant de la lumière sur les fonctions cognitives cérébrales. Les résultats montrent que la lumière affecte les structures du cerveau selon un ordre précis : d’abord l’activité de régions sous-corticales impliquées dans la régulation de l’éveil et de la cognition (le thalamus, le tronc cérébral et l’hypothalamus), puis  module l’activité de régions corticales impliquées dans le processus cognitif en cours, et enfin impacte le comportement. Les données démontrent que la lumière et sa composition spectrale régulent l’activité cérébrale nécessaire à la réalisation de tâches mettant en jeu la mémoire de travail, l’attention et les émotions. Leurs données ont par ailleurs montré que l’impact de la lumière change avec le moment de la journée, le manque de sommeil, l’âge, et le génotype ainsi qu’avec le statut psychiatrique (chez des patients souffrant de dépression saisonnière). Toutes les recherches de l’équipe du Dr Vandewalle montrent que la lumière bleue est plus efficace pour stimuler l’activité cérébrale et nos dernières études, chez des personnes aveugles, ainsi que chez des personnes voyantes, pointent vers la mélanopsine comme médiateur principal des effets de la lumière sur l’activité cognitive cérébrale.

 Les résultats plaident pour une considération de la mélanopsine et des effets non-visuels de la lumière sur la cognition, et sur l’éveil et le sommeil en général, lors de la mise au point d’environnements et de traitements lumineux.

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